La comète 67P/Churyumov-Gerasimenko libère dans l’espace deux verres d’eau par seconde

Deux laboratoires du Labex ESEP, le LERMA et le LESIA, sont fortement impliqués dans l’instrument MIRO de la sonde Rosetta, qui a permis d’estimer la quantité d’eau libérée par la comète 67P/CG.

La sonde Rosetta, en route pour la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, a montré que cette dernière libère l’équivalent de deux verres d’eau (un verre = 150 ml) chaque seconde dans l’espace, alors qu’elle se trouve encore dans une région assez froide de l’espace à 583 millions de kilomètres du Soleil.

Les premières observations de vapeur d’eau s’échappant de la comète ont été réalisées par l’instrument MIRO (Microwave Instrument for the Rosetta Orbiter – Instrument Micro-onde pour l’Orbiteur de Rosetta). Ces observations ont été effectuées le 6 juin dernier, tandis que la sonde se situait à environ 350000 kilomètres de la comète.

Même à mi-parcours entre Jupiter et Mars, la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (...)
Même à mi-parcours entre Jupiter et Mars, la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko libère jusqu’à 300 ml d’eau par seconde dans l’espace.

Crédits : ESA Infographic, image OSIRIS du 4 juin 2014

Depuis sa première détection, de la vapeur d’eau a été observée à chaque fois que Rosetta a orienté l’instrument MIRO vers la comète 67P/CG.

Le responsable de l’instrument, Sam Gulkis, révélait s’attendre à observer une libération de vapeur d’eau depuis la comète mais est surpris par la précocité de la détection. Selon lui, si la comète continue de dégazer à ce rythme, elle pourrait remplir une piscine olympique en environ 100 jours ; il estime également qu’à mesure que la comète va se rapprocher du Soleil, le taux de production de vapeur d’eau va augmenter significativement. Rosetta offre un formidable … pour observer ces changements à proximité de la comète et comprendre leur origine.

L’eau est un composant volatile important dans les comètes, tout comme le monoxyde de carbone, le méthanol et l’ammoniac. MIRO a pour but de déterminer les abondances de chacun de ces éléments pour comprendre la nature du noyau cométaire, le processus de dégazage et sa localisation à la surface de la comète.

Ces gaz s’évaporent du noyau en emportant de la poussière, formant une chevelure qui entoure la comète. À mesure que la comète s’approche du Soleil, cette chevelure va s’étendre davantage et, éventuellement, la pression du vent solaire entraînera de la matière cométaire sous la forme d’une longue queue.

Rosetta sera présente pour assister à ces transformations à proximité de la comète, qui s’approchera au plus près du Soleil en août 2015, entre les orbites de la Terre et de Mars.

À mesure que la comète, objet froid du système solaire, orbite autour du Soleil et se réchauffe, libérant davantage de matière, la détermination du taux de production de la vapeur d’eau et des autres gaz est importante pour la science cométaire. Cependant, elle est également déterminante pour planifier la mission, car tandis que Rosetta est de plus en plus proche de la comète, les jets de gaz peuvent altérer la trajectoire de la sonde.

D’après Matt Taylor, project scientist de Rosetta à l’ESA, la comète 67P/CG est sortie de son hibernation et commence à fournir des données pour les instruments scientifiques de Rosetta. Les ingénieurs de Rosetta utiliseront les observations de MIRO pour aider à planifier les événements futurs de la mission quand la sonde opérera à proximité du noyau cométaire.

Aujourd’hui, la sonde Rosetta est à moins de 72000 kilomètres de sa destination. Six manœuvres de mise en orbite autour de la comète (sur un total de dix) sont encore nécessaires pour assurer l’arrivée de Rosetta à une distance exacte de 100 kilomètres du noyau le 6 août prochain.

Acteurs ESEP pour MIRO :

LESIA : Jacques Crovisier, Dominique Bockelée-Morvan, Nicolas Biver, Emmanuel Lellouch, Cédric Leyrat, Thérèse Encrenaz
LERMA : Pierre Encrenaz, Gérard Beaudin
Participation technique (LERMA) : Maurice Gheudin, Jean-Michel Krieg, André Deschamps